Les chats au Japon

Considérés comme des porte-bonheurs au pays du Soleil levant, ces dernières années les chats ont le vent en poupe en matière d’adoption ou d’achat, parfois même à leurs dépens…

Le business des animaux de compagnie

 

Ces 10 dernières années, la volonté d’avoir un animal de compagnie est devenue à la mode au Japon. Un véritable business s’est alors développé autour de nos petites boules de poils canines ou félines. Les critères ? Il faut qu’il soit tout petit et le plus « kawaii » possible. On a vu alors l’apparition d’animaleries dans tout le pays et il faut compter une petite (grosse) fortune, souvent plusieurs mois de salaires, pour acheter un petit animal. Cet engouement pour les animaux de compagnie est devenu un marché tellement lucratif que la mafia japonaise, la Yakuza, a décidé d’investir dedans.

Mais pourquoi aime-t-on tellement les animaux de compagnie au Japon ? Pour plusieurs raisons. Déjà avoir un petit animal chez soi, c’est à la mode ! Mais surtout, car avoir une petite boule de poils permet de ne pas se sentir trop seul. Certains couples prennent un animal avant ou au lieu d’avoir un enfant car cela représente moins de contraintes.

Le problème ? avoir un animal est un effet de mode au Japon et tous les ans, ou tous les deux ans, la race à la mode change. On se retrouve donc souvent avec des boules de poils abandonnées car plus flashion, trop encombrantes, bruyantes…

Les associations pour animaux sont submergées…

 

Au Japon, on abandonne son chat souvent dans la rue car on estime que minou, qui a été si bien traité depuis sa naissance, saura survivre dans sa nature. On trouve donc de nombreux chats errants au Japon. La deuxième option qui s’offre aux maîtres voulant se débarrasser de leur compagnon est de le donner à une association. Il en existe beaucoup au Japon et elles sont la plupart du temps saturées ! La mode passe vite et toutes les personnes qui veulent la suivre donnent souvent leurs petites bêtes. Submergées par tant d’abandon, les associations et refuges donnent souvent une semaine à leurs petits protégés pour être recueillis par une nouvelle famille… au-delà de cette période, ils sont gazés… on estime que seulement 10% des animaux en refuge trouvent une nouvelle famille.

Les conditions d’adoption des associations n’aident d’ailleurs pas. Il est très compliqué de recueillir un animal qui a déjà été abandonné car, de peur d’un second abandon, les associations ont de très nombreuses conditions…

Des règles trop peu nombreuses sur les animaux

 

Si en 2013, une loi a été créée condamnant la maltraitance envers les animaux, les mauvais maîtres sont très souvent acquittés.

Un autre problème concernant l’adoption d’un animal de compagnie au Japon : le logement. Aujourd’hui, très peu d’appartement à louer acceptent un animal de compagnie canin ou félin. On estime qu’ils causeraient trop de dégâts matériels ou de nuisances sonores pour les autres locataires.

Enfin, aucune loi ne contraint les éleveurs de chats qui, souvent, font vivre leurs animaux dans des conditions de vie détestables, enfermés dans des petites cages et avec des femelles épuisées à force de faire des portées. Nous l’avons dit, les japonais veulent des animaux petits et « kawaii » et le plus jeune sera le mieux. On voit donc souvent des petits d’à peine 2 mois, pas encore sevrés et séparés de leur mère, à la vente dans des animaleries… Plus le temps passe, les bébés deviennent grands et moins ils auront de chance d’être achetés…